Le chercheur en géographie sacrée est confronté à deux écueils. Le premier, serait de rester dans le champ réducteur de la science et de ses dérives rationalistes, qui tendent parfois à exclure le divin et à considérer les croyances religieuses comme des superstitions et des approches d'un autre âge : ma posture est celle d'un croyant imprégné de spiritualité et de symbolisme, donc de quelqu'un pour qui le monde ne se réduit pas à sa dimension matérielle. Le second, serait de prendre pour argent comptant toutes les hypothèses et élucubrations (osons le mot), dès l'instant qu'elles se réfèrent au domaine du spirituel et/ou du surnaturel : dans ce petit monde de la géographie sacrée, on se retrouve très vite en relation avec des extra-terrestres, des civilisations disparues, mais qui disposaient de pouvoirs inconnus, des supérieurs inconnus cachés quelque part dans l'Himalaya... Il convient donc d'être prudent, et de distinguer les faits ou observations (dont chacun peut tirer ses propres conclusions), les hypothèses explicatives (qui peuvent aller du hasard aux extra-terrestres, ces deux items reposant sur des croyances différentes) et les croyances (celle en l'absence d'une réalité autre que matérielle en est une, au même titre que celle qui postule la réalité d'un principe créateur ou divin). Il s'agit donc de distinguer soigneusement ce qui relève des faits et observations (la question du Comment) et ce qui relève de la croyance (la question du Pourquoi).